Les ammonites : comprendre et reconnaître ces fossiles spiralés

L’ammonite est sans doute le fossile le plus connu du grand public. Sa coquille enroulée en spirale orne les vitrines des muséums, les tables des bourses aux minéraux et même certains logos. Derrière cette forme familière se cache un groupe d’animaux marins disparu, très diversifié, qui rend aux géologues des services précieux. Voici de quoi mieux comprendre ce que l’on tient entre les mains.
Des cousins des pieuvres
Les ammonites étaient des mollusques céphalopodes, comme les pieuvres, les seiches, les calmars et le nautile actuel. Elles vivaient dans les mers et possédaient une coquille externe, le plus souvent enroulée dans un plan. L’animal occupait la dernière partie de la coquille, la loge d’habitation ; le reste était divisé en chambres par des cloisons et rempli de gaz et de liquide, ce qui permettait de régler la flottaison.
Le groupe est apparu au Dévonien et s’est éteint à la fin du Crétacé, il y a environ 66 millions d’années, lors de la même crise biologique que les dinosaures non aviens. Pendant cette longue histoire, il a connu plusieurs crises et s’est diversifié en des milliers d’espèces. Le nautile, parfois appelé « fossile vivant », n’est pas une ammonite, mais un parent éloigné qui a survécu.
Lire une coquille d’ammonite
Quelques termes permettent de décrire une ammonite :
| Élément | Ce que c’est |
|---|---|
| Tours de spire | les enroulements successifs de la coquille |
| Ombilic | le creux central, plus ou moins large selon l’espèce |
| Côtes | les reliefs qui ornent la surface |
| Tubercules, épines | les ornements en relief, sur certaines espèces |
| Carène | une crête saillante sur le bord extérieur |
| Lignes de suture | la trace du contact entre les cloisons et la paroi |
Les lignes de suture sont l’élément le plus spectaculaire. Quand la coquille externe a disparu, on voit sur le moule interne des dessins sinueux, parfois très découpés, comme des feuilles de persil. Leur complexité aide les spécialistes à classer les ammonites. On distingue ainsi, de façon simplifiée, des formes aux sutures simples (goniatites), plus découpées (cératites) et très ramifiées (ammonites au sens strict).
Des fossiles qui datent les roches
Les ammonites ont évolué vite, chaque espèce n’ayant vécu que pendant une durée relativement courte à l’échelle géologique. Elles étaient en outre répandues dans de nombreuses mers. Ce sont donc d’excellents fossiles stratigraphiques : la présence d’une espèce donnée permet de dater une couche de roche et de la corréler avec une couche d’une autre région.
Les géologues ont ainsi découpé le Jurassique et le Crétacé en « zones d’ammonites ». C’est une des raisons pour lesquelles noter précisément le lieu et la couche de récolte d’une ammonite a tant d’importance. Notre article sur la formation des fossiles explique les autres méthodes de datation.
Les différents états de conservation
Sur les bourses, les ammonites se présentent sous des aspects très variés :
- les moules internes : le sédiment a rempli la coquille, qui a ensuite disparu ; ce sont les plus fréquentes ;
- les ammonites pyriteuses : de petite taille, dorées, remplacées par de la pyrite. Superbes, mais fragiles (voir plus bas) ;
- les ammonites à nacre conservée : la coquille d’origine garde son irisation. Certaines, très colorées, sont vendues sous le nom d’ammolite ;
- les ammonites sciées et polies : coupées en deux, elles révèlent leurs chambres remplies de calcite. Beaucoup viennent de Madagascar ;
- les ammonites en nodule : enfermées dans une concrétion qu’il faut dégager.
Repérer les pièces restaurées ou reconstituées
La forte demande a entraîné des pratiques à connaître :
- Les ajouts de matière : une ammonite incomplète peut être complétée à la résine et peinte.
- Les assemblages : des ammonites rapportées sur une matrice qui n’est pas la leur, pour composer une plaque plus spectaculaire.
- Les sculptures : certaines « ammonites » sont entièrement sculptées dans la roche.
Pour les repérer, observez la continuité de la matière, la cohérence des couleurs et des lignes de suture, l’aspect sous une lampe UV, et méfiez-vous des plaques trop parfaites à petit prix. Nos conseils pour acheter de façon responsable s’appliquent pleinement.
Conserver ses ammonites
La plupart des ammonites calcaires sont stables et faciles à conserver. Les ammonites pyriteuses sont l’exception : dans un air humide, la pyrite peut s’altérer, se couvrir d’une poussière blanchâtre, sentir le soufre et finir par tomber en miettes. Rangez-les au sec, dans une boîte fermée avec un sachet déshydratant, et surveillez-les régulièrement. Pour le dégagement et le nettoyage, voyez notre guide pour nettoyer un fossile sans l’abîmer.
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