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Pierres précieuses et pierres fines : comprendre les gemmes

Pierres précieuses et pierres fines : comprendre les gemmes

Sur les bourses aux minéraux, les tables de gemmes taillées attirent toujours les regards. Petites pierres alignées dans leurs boîtes, loupes à disposition, fiches plus ou moins détaillées : l’univers des gemmes a son vocabulaire et ses pièges. Avant d’acheter une pierre taillée, il est utile de comprendre ce qui distingue une pierre précieuse d’une pierre fine, ce que recouvrent les mots « synthétique » ou « traitée », et quelles questions poser.

Pierres précieuses, pierres fines : une distinction historique

En France, l’usage réserve l’appellation pierres précieuses à quatre gemmes :

  • le diamant, du carbone pur cristallisé ;
  • le rubis, variété rouge du corindon ;
  • le saphir, désignant les autres couleurs du corindon, le bleu en tête ;
  • l’émeraude, variété verte du béryl.

Toutes les autres gemmes naturelles sont appelées pierres fines : améthyste, citrine, grenat, tourmaline, topaze, péridot, aigue-marine, spinelle, etc. Cette distinction est historique et commerciale ; elle ne dit rien de la valeur d’une pierre donnée. Une belle tourmaline peut valoir bien plus qu’un petit rubis opaque de qualité médiocre.

Deux minéraux, plusieurs gemmes

Le cas du corindon et du béryl illustre bien la façon dont la minéralogie éclaire le commerce des gemmes :

MinéralCompositionVariétés gemmes
Corindonoxyde d’aluminiumrubis (rouge), saphir (bleu, jaune, rose, incolore…), padparadscha (rose orangé)
Bérylsilicate de béryllium et d’aluminiumémeraude (vert), aigue-marine (bleu), morganite (rose), héliodore (jaune)
Quartzdioxyde de siliciumaméthyste, citrine, quartz fumé, quartz rose

Le corindon a une dureté de 9 sur l’échelle de Mohs, juste en dessous du diamant (10). Le béryl se situe autour de 7,5 à 8. Pour le quartz, voyez notre article sur le quartz et ses variétés.

Ce qui fait la valeur d’une gemme

Les professionnels examinent plusieurs critères, souvent résumés pour le diamant par la règle des « 4 C » anglo-saxons :

  1. la couleur : sa teinte, sa saturation, son homogénéité ;
  2. la pureté : la présence d’inclusions visibles ou non à la loupe ;
  3. la taille : la qualité des proportions et du poli, qui conditionne l’éclat ;
  4. le poids, exprimé en carats (un carat vaut 0,2 gramme).

S’y ajoutent l’origine (certaines provenances sont recherchées) et l’absence ou la nature des traitements. Notez que des inclusions ne sont pas forcément un défaut : elles aident à distinguer une pierre naturelle d’une synthèse, et certaines, comme les fines aiguilles qui produisent l’astérisme des saphirs étoilés, font la beauté de la pierre.

Synthèses, imitations, pierres traitées

Trois notions sont souvent confondues :

  • une pierre synthétique a la même composition et la même structure que la pierre naturelle, mais elle a été fabriquée en laboratoire. Le rubis synthétique existe depuis la fin du XIXᵉ siècle ; les diamants de laboratoire sont aujourd’hui courants ;
  • une imitation ressemble à la pierre sans en avoir la nature : verre, zircone cubique, moissanite synthétique pour imiter le diamant ;
  • une pierre traitée est naturelle, mais son aspect a été amélioré : chauffage, imprégnation d’huile ou de résine, remplissage de fissures au verre, irradiation, diffusion de couleur.

La réglementation impose que ces caractéristiques soient portées à la connaissance de l’acheteur, avec des dénominations précises. Un vendeur sérieux indique toujours si une pierre est synthétique, traitée ou reconstituée. Le chauffage des corindons, par exemple, est très répandu et généralement admis, mais il doit être connu. Notre article sur les minéraux traités, teints ou imités détaille les cas les plus fréquents.

Les bons réflexes à la bourse

Quelques questions simples à poser avant d’acheter une pierre taillée :

  1. De quel minéral s’agit-il exactement ? Méfiez-vous des noms fantaisistes ou des appellations géographiques trompeuses.
  2. Est-elle naturelle, synthétique ou une imitation ?
  3. A-t-elle subi un traitement ? Si oui, lequel ?
  4. Quel est son poids en carats ?
  5. Existe-t-il un document d’analyse d’un laboratoire gemmologique pour les pierres de valeur ?

Pour une pierre coûteuse, seul un laboratoire gemmologique peut trancher avec certitude ; les tests de dureté ou de rayure sont à proscrire sur une gemme taillée. Pour les achats plus modestes, l’honnêteté du vendeur et la clarté de ses réponses restent le meilleur indicateur, comme nous l’expliquons dans notre article sur les achats responsables.

Pierre brute ou pierre taillée ?

Les collectionneurs de minéraux préfèrent souvent le cristal brut, qui montre la forme naturelle de l’espèce. Les amateurs de gemmes privilégient la pierre taillée, qui révèle la couleur et l’éclat. Les deux approches se complètent : associer dans une collection un cristal brut d’aigue-marine et une pierre taillée de la même variété est une façon parlante de montrer le chemin qui va du minéral à la gemme.

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